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Gilles Crampes

France

Gilles Crampes est photographe spécialisé en reportages de fond sociologiques et ethnographiques. Depuis 1994, il alterne grands reportages, travaux de commandes et projets personnels. Ses reportages ont été publiés par la presse internationale : Newsweek, National Geographic France, Géo, The Independent, Le Monde, Grands Reportages etc.

Le travail de Gilles Crampes s’inscrit dans une démarche d’auteur documentaire effectué depuis plus de dix ans par lequel de grandes séries interrogent sur la notion de voyage.

Dans la continuité de grands reportages qui illustrent Paris d’une manière insolite (7 ans de travail sur Pigalle, Paris vu depuis les monuments de grande hauteur, etc.) Gilles Crampes a travaillé dernièrement sur la présence à Paris de peuples du Monde entier issus de l’immigration. Son propos est tout à la fois d’illustrer la richesse culturelle qui en émane et d’étudier sous des abords laïques, spirituels ou religieux la préservation et la pérennité de cultures en exil à Paris : la série Paris Célébrations propose un voyage inversé où les peuples et cultures de tous continents se mêlent à Paris.
Ce travail a fait l’objet d’un livre fin 2016 dont l’adaptation en documentaire télévisuel est en cours d’élaboration.

Retrouvez Gilles Crampes sur son site internet / Instagram / Facebook

Petite préface

J’habite Paris depuis plus de quarante ans. En parcourant le beau livre de Gilles Crampes, j’ai eu un véritable choc: je ne connais pas les trois quarts des lieux qu’il nous fait découvrir. On se croirait tantôt à New-Delhi ou Marrakech, tantôt à Moscou, Edimbourg, Pékin ou Saigon. Parce qu’elles constituent le ciment des cultures traditionnelles, les pratiques religieuses restent très vivantes au sein des communautés issues de pays étrangers. C’est donc à travers elles que les nombreuses cultures du monde se donnent à voir dans ma ville lumière, encore plus cosmopolite que je ne le croyais. Plus besoin de parcourir le monde pour assister à des rites vaudous, orthodoxes, coptes, bouddhistes, confucéens, hindous ou candomblé: il suffit de suivre le merveilleux guide que nous offre Gilles Crampes et de partir à l’aventure dans des recoins de Paris.

Frédéric Lenoir
Philosophe, historien des religions et écrivain

WATERFRONT

Les vues panoramiques que Gilles Crampes a réalisées aux abords de la Terre de Feu constituent à la fois un hommage, une évocation et une réflexion sur l’histoire. Hommage aux navigateurs et particulièrement à Magellan, parti, lors du tour du monde qu’il n’achèvera jamais personnellement, à la recherche d’un mythique passage entre l’océan Atlantique et celui qui ne s’appelait pas encore Pacifique. Hommage aussi, plus discret, aux populations autochtones établies depuis plus de quinze mille ans dans cet extrême sud glacé de l’Amérique et qui furent anéanties en quelques générations.

Chacune de ces vues a son format propre: il dépend de la configuration de la côte. C’est elle qui dicte ses exigences à l’opérateur; il s’y plie, soucieux de respecter l’ampleur et la richesse d’information qu’offre le paysage tel qu’il le perçoit depuis son bateau. Ainsi, ces panoramas, recomposés à partir de plusieurs prises de vue au grand angle, offrent une vision de la côte à la fois proche et lointaine, détaillée et globale, semblable à celle que purent avoir, en octobre 1520, les découvreurs qui longeaient la côte au moment où ils se risquaient dans le passage tant convoité, le détroit qu’ils baptisèrent « de Tous les Saints » et qu’on nommera plus tard « de Magellan ».

Gilles Crampes nous renvoie à cet instant historique et comme suspendu de la première vision d’un monde nouveau. Paysage encore vierge, non de présence humaine – elle était bien là, attestée par ces fumées qui ponctuaient le territoire et lui valurent son nom de « Terre des Feux » – mais vierge de toute intervention et même de tout regard occidental. Les ciels tourmentés, les éclairages irréels donnent, comme dans une scène shakespearienne, sa dimension cosmique à cette aventure humaine. Ces configurations de landes, de rocs, de glace, de nuées suscitent le sentiment d’une victoire, d’un espoir, en même temps que d’une perte irrémédiable. S’approche-t-on ou s’éloigne-t-on de la côte ? Le drame que l’on pressent est-il à venir ou accompli ? Seul parfois le discret sillage laissé par le bateau sur lequel le photographe opère nous sort de cette ambiguïté. Ce « Front de mer » est le front d’une guerre de conquête, un rideau qui était tiré sur l’inconnu et qui se déchire. La mer est ici synonyme de liberté: c’est grâce à elle que devait reculer, pour quelques siècles encore, les limites de la connaissance mais aussi celles du désir de possession.

J.C. Fleury.

PARIS BY NIGHT

Sept années à arpenter les trottoirs et les alcôves de Pigalle, ce lieu mythique qui inventa l’effeuillage et les boites de jazz, ce quartier de bohème et de fréquentations illustres comme douteuses, ce phare multicolore qui attire inexorablement les papillons de nuit frémissant d’un frisson érotique. Sept années à partager la vie et les confidences de créatures noctambules et tellement humaines, à effacer les couleurs des néons pour mieux aborder une réalité sociale nimbée d’une sensualité omniprésente et cachée derrière l’exubérance des vitrines aguicheuses.

Sept années à se faire accepter dans un quartier interdit aux photographes.

Et au bout de sept années: le constat d’un monde qui s’écroule, d’un quartier qui mute, de la fin d’une époque. L’âge de raison… une raison d’arrêter.

Gilles Crampes est certainement devenu dès lors le photographe de Pigalle et le dernier témoin de son effervescente vie.

En 2016, lors d’un passage fortuit dans un ancien cabaret mythique qui vient de ré-ouvrir, Gilles tombe sous le charme du lieu: Mme Arthur est « un bourgeon sur l’arbre mort qu’est devenu Pigalle ». Le milieu interlope qui évolue dans le charme néo-rétro du lieu est la résurrection des nuits folles d’antan; pendant trois mois, le photographe va s’immerger pour en capter l’âme.

PALMARES

Expositions:
Pagode de Vincennes, Espace des Blancs Manteaux, Salons de la photographie Saint-Sulpice, Paris, 2018
Salon de la photographie, Bordeaux, 2018
• Galerie Kerchache-Pivaty, 2018
• Exposition Ephémère, Lyon. Espace des Blancs Manteaux, 2017
• BHV Marais, 2017
• Echomusée de la Goutte d’Or, 2016
• Café social Ayyem Zamen, 2016
• Théâtre de Ruthebeuf, Clichy, 2013
• Musée du Montparnasse, 2012
• Bordeaux, quartiers Caudeyran et Grand Parc, 2012
• Pagode de Vincennes, Paris, 2012.
• Espace Moisant, rue de Seine, Paris, 2012
• Echomusée de la Goutte d’Or, Paris 2012
• Festival Chroniques Nomades, Honfleur, 2011
• 60 ans de Tati: Exposition, vente aux enchères – Le 104, Paris, 2008
• Biennale des Agents Associés – Musée des Arts Décoratifs, Paris, 2008
• Projection à Visa pour l’Image, Perpignan, 2002
• Projection à Visa pour l’Image, Perpignan, 1999

Livres:
Monographies
• Paris célébrations, Magellan & Cie
•1956-2006 L’énergie au Cœur, GDF
Livres collectifs
• Pierres précieuses et terres d’aventure, édition Hermé
• A la poursuite des pierres précieuses, éditions Privat

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