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Au fil de ces jours…

En cette période de confinement, nous avons demandé à nos artistes de partager leur ressenti et leur quotidien.

Cette période de confinement a été un moment de grand repos, de vie paisible, que j’ai apprécié, tout en étant surprise de voir ma difficulté à avancer dans des projets qui m’avaient réjouie au début. Les grands travaux de tri dans ma bibliothèque photos ont très peu avancé. Rétrospectivement, je réalise que ma créativité était en sommeil ce qui entravait ce travail. Trier des photos demande une énergie créative, ce n’est pas comme trier des chaussettes! Je pense que ma difficulté s’est trouvée là.

J’ai réalisé que cette créativité n’est pas un réservoir dans lequel il suffirait d’avoir du temps pour puiser, mais qu’elle se révèle au contact de la vie, créant une alchimie féconde. Cette vie confinée qui pour ma part était très agréable, n’était pas la vie normale et l’alchimie ne fonctionnait pas. Bref je ronronnais dans mon coin, agréablement , mais stérilement!

Donc quand je me lamenterai de ne pas avoir le temps de faire tout ce que je voudrais, il va falloir que j’accepte une certaine tension comme nécessaire.
Voilà c’est ma découverte du confinement!

Quelques photos jointes montrant pourquoi j’avais du mal à envoyer des photos de mon confinement, que je trouvais indécent par rapport à ce que vivaient certains!

Bonne créativité à tous et bon courage à ceux qui ont pris de plein fouet cette saleté de Covid.

Son univers VARIATIONS AÉRIENNES est accessible via ce lien.

 

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Comme d’habitude, je travaille chez moi, à Evere (Bruxelles). Alors, Il n’y a pas de grands changements.
Mais grâce au confinement, c’est très calme à Evere: il n’y a presque plus d’avions et les grands boulevards sont complètement vides! Nous avons essayé de bien mettre dans notre mémoire l’image du Boulevard Léopold III (OTAN) sans aucune voiture.

Ma femme Hilde, qui écrit les poèmes qui accompagnent mes dessins, à travaillé à domicile pendant 6 semaines. Notre table de cuisine était transformée en bureau/atelier. Très proche de la cafetière, un peu comme un “start-up hip”. 😉 Nous sommes arrivés à la conclusion que c’était trop chouette et que cette situation à stimulé notre créativité.

Concernant le travail; il y a bien-sûr des coups durs.
Le jeudi 12 mars, je partais le matin vers Sint-Pieters-Leeuw pour installer une exposition dans le fabuleux château Coloma. Le jour après, je partais de nouveau vers le château pour tout démonter.
Et une entreprise qui voulait commander une dizaine de tirages en toile à mis tout “on hold” parce qu’il y a trop d’incertitude financière.

Mais c’est le moment idéal pour commencer de nouveaux projets et essayer de nouvelles techniques.
Il me manque toujours du temps, même en quarantaine!

Mon livre préféré pour le moment: “Le monde d’hier” de Stefan Zweig. Une histoire concernant l’Europe artistique et philosophique avant 1940. La ressemblance avec notre temps est remarquable.
Notre “guilty pleasure” est de redécouvrir les films Disney. Idéal pour échapper le monde gris et de partir à l’aventure magique et fabuleuse.

Ses univers PLAYFULL SURREALISM et DES CURIOSITÉS DANS LE QUOTIDIEN sont accessibles via ces liens.

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“Confinement jour indéfini… Étrange silence, la ville semble endormie. Je regarde par la fenêtre la vie de l’appartement en face du mien. Les cris des enfants, le père qui crache ses poumons, la voix aiguë de la mère qui y va de ses recommandations qu’elle hurle suffisamment fort pour être entendue par tout le quartier.
Toute cette vie me ramène à ma propre solitude. Léthargie forcée. Depuis l’annonce du confinement, tout s’est arrêté brutalement. Plus de projet à court, moyen ou long terme… tout semble figé dans une somnolence léthargique. S’il n’y avait ce soleil cuisant, on pourrait croire que le monde entier s’est mis en hibernation.
Faute de pouvoir échanger avec des humains, je crée mes propres personnages. A l’aide de pâte à papier et autres matières récupérées de-ci de-là, je crée la forme qui va abriter leur âme. Les mains s’agitent dans des mouvements frénétiques, elles pétrissent, écrasent, arrachent, coupent,… je ne visualise plus ce que je fais, je suis comme spectatrice du travail de ces mains qui ne semblent plus miennes. Et puis ils sont là… Sortis des méandres de mon cerveau, les voilà… Eux et moi on le sait maintenant. On sait qu’ensemble on créera un univers. Ils savent qu’ils sont venus à la vie pour être les futurs complices d’une de mes aventures photographiques… et ils s’en réjouissent. »

Son univers EN SCÈNE est accessible via ce lien.

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Peux-tu conseiller un livre ?
Pour me comprendre et bien préparer ce projet d’exposition, j’ai d’abord relu attentivement les deux philosophes qui ont orienté ma vie de peintre en structurant ma pensée, Spinoza et Sade. Et d’abord les deux livres de base que sont l’Ethique et les cent-vingt journées de Sodome. (Cependant, je ne vous conseille pas de les lire, car ils sont plutôt ardus!) Paraphrasant l’Ethique de Spinoza dans sa chronique n°8 du 15 avril sur Passeur d’Art, Lucien Rama note très justement que “l’on ne désire pas les choses parce qu’elles sont belles, mais c’est parce qu’on les désire qu’elles sont belles”. Reste à savoir pourquoi notre nature nous pousse sans cesse à désirer. Et à comprendre comment cette puissance du corps et de l’esprit est capable de mobiliser tout notre être pour l’amener à changer. Car si “la joie est bien la passion par laquelle l’esprit passe à une perfection plus grande”, et si “l’amour n’est rien d’autre que cette joie accompagnée de l’idée d’une cause extérieure”, alors oui, d’avoir aimé ces femmes n’a jamais cessé d’augmenter la puissance de mon imagination en “affectant” mon esprit de joie. (La mésaventure amoureuse de Spinoza semble avoir ancré en lui une conception misogyne de la femme qui est donc aux antipodes de mes relations avec les femmes japonaises.) Voilà sans doute pourquoi ma peinture est tournée vers le Japon et les femmes, tandis que mon écriture en est devenue l’interprétation poétique. Elles ont été la cause occasionnelle de ma nécessité éperdue de peindre et d’écrire, c’est-à-dire de donner accès sans compter à de l’autre. Ceci explique aussi que je peins d’abord pour moi, selon mes passions et mon désir singulier. Tout en ayant la violence en horreur, même en amour, je suis resté profondément égoïste, païen, intempérant, lubrique, vorace et rétif à toute organisation. C’est par là que je m’associe étroitement à l’humanité telle qu’elle est. Et dont Dieu n’est pour moi que le fourmillement angoissé.

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment ?
Je suis en train de retravailler mes derniers tableaux à l’ambre de la jeune Japonaise qui me sert de modèle depuis quelques années (voir ci-dessous). C’est aussi pour moi comme un rappel de cet enchantement que j’ai vécu au Japon. En effet, “qu’on le rapporte soit au temps futur ou passé, soit au présent, le sentiment est le même.” Petit détail très concret qui pourrait expliquer cet enchantement éprouvé quand je l’ai rencontrée il y a cinq ans: elle avait à peine 18 ans. C’est-à-dire l’âge des premiers modèles japonais avec lesquels j’avais vécu 40 ans auparavant. Tout s’est passé comme si elle avait précipité autour d’elle des circonstances précises qui, débordant l’instant par un effet de condensation, m’ont soudain fait revivre le vertige de ces expériences d’amours émergeant dans ma nouvelle vie au Japon en 1974. Ou encore comme s’il y avait un lien secret de non-liberté entre certains êtres, et sur lequel nous sommes sans prise quand il revient nous dévaster dans le temps et l’espace de notre vie, quels que soient notre âge, notre situation, nos croyances, nos choix et nos différences. (Même l’intraitable Marquis de Sade, cet enragé de liberté, n’y a pas échappé, touché au cœur qu’il aura été lui aussi par sa jeune belle-sœur, Anne-Prospère de Launay, avec laquelle il s’est enfui en Italie en 1772.)
Sans doute Spinoza était-il de son temps avec ses tristes expériences de la femme et sa vision affligeante du monde animal qui, au nom de la raison, tenait alors la bête dans le mépris ? S’il a côtoyé des hommes exceptionnels dont les audaces étaient inséparables des siennes, il ne semble pas avoir aimé ni connu intimement de femmes bien accordées à sa nature, avec lesquelles il aurait pu jouir d’échanges plein de tendresse, de rires et de bonheur jusqu’à la rêverie éperdue et au vertige. Que n’a-t-il pas rencontré Ponko Kanno, Coo Shibasaki ou Haruka Akasako pour augmenter sa puissance d’être ! Sans aucun doute, aurait-il apprécié cette finesse de leur esprit qui m’enchantait tout autant que les charmes de leur physique, et son existence en ce monde en aurait pris encore plus de goût et de valeur !

Son univers FRAGMENTS D’EXPOSITIONS est accessible via ce lien.

Comment s’est passé le confinement ?
Le confinement n’a guère changé ma façon de vivre dans la mesure où je vis depuis plusieurs années comme un Chartreux confiné dans une cellule de 24 mètres carrés. Au contraire, en favorisant ma concentration, il m’a permis me consacrer pleinement à ces choses qui me demandent énormément de temps: peindre et écrire, et surtout mieux comprendre ce que je fais, et pourquoi je le fais.

A-t-il changé quelque chose ? Peux-tu en tirer quelque chose de positif ?
En intensifiant ma solitude, le confinement est tombé à pic pour préparer dans le détail le projet d’exposition que j’ai avec la Villa Sauvage de Verviers, exposition à l’occasion de laquelle je vais présenter mon dernier livre sur mon expérience japonaise, “Enquête au sujet d’un peintre”, publié en février par les Editions Gutta & Astula. Le confinement a donc été pour moi une aubaine dont j’ai largement profité !

Y a-t-il un message que tu voudrais faire passer ?
Mon expérience japonaise (ma maison là-bas était surveillée par la police) m’a bien fait comprendre les grandes leçons de la tradition clandestine qui nous apprend à faire valoir la liberté de penser non négociable qui incombe à chaque individu en lui accordant un droit de réserve sans lequel l’imprudent se met rapidement à la merci de la maréchaussée des pouvoirs. “Caute”: prudence ! (c’est la devise de Spinoza). Surtout quand on veut mettre à l’épreuve les valeurs communes et passer au-delà des limites imparties à l’art par le sens commun en “soumettant aux passions” le corps de l’artiste et/ou du modèle (frontières morales, juridiques ou conventions esthétiques sur le bon goût, la beauté et l’art). Grand rêveur de rêves devant l’Eternel, je n’ai jamais cessé d’explorer cette irréductibilité passionnelle que j’éprouve pour la beauté, sachant que, “pour en bien traiter, cela dépend autant de la connaissance qu’on a de ses propres passions que de la connaissance qu’on a des passions des autres”. Le seul point sûr établi par Freud dans “Le Malaise dans la culture”, c’est que “la beauté dérive du domaine de la sensibilité sexuelle; ce serait un modèle exemplaire d’une motion inhibée quant au but.” A peu près au même moment, Dali déclarait que “la beauté n’est que la somme de conscience de nos perversions”. D’où ce sentiment que “si la beauté a partie liée avec nos pulsions, elle est indissociable de l’irréductible singularité que chacun y découvre pour s’y reconnaître”. Voilà pour les thèses que j’ai essayé d’illustrer en les développant dans ce dernier livre (Enquête au sujet d’un peintre) et qui sera le thème de ma prochaine exposition, avec en sous-titre: “images d’une passion singulière par-delà le bien et le mal”.

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Le confinement change-t-il ou a-t-il changé quelque-chose à ta façon de travailler ?
Non

Envisages-tu des changements dans ta façon d’appréhender l’entourage, ton quotidien, tes relations ou autres ?
Non. Peut-être aimer plus fort, se battre plus fort, et vivre plus fort….
Mais je sais que l’on a la mémoire courte.

Où vis-tu pour le moment ? Comment s’y passe le confinement ?
A la campagne.
Dans un pays, où il faut gagner 1500 euros par mois pour avoir le droit de vivre avec qui on a envie.
Dans un pays ou le gouvernement veut tous nous tracer et nous surveiller .
Mais c’est pour notre bien (rire).
Dans un pays où l’on meurt encore de la pauvreté et où on a fini de rêver.
Oui, c’est la Belgique.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif ?
Oui. J’ai renoué avec une vieille passion qui est le travail du bois.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde ?
Non, le monde est pourri depuis bien plus longtemps que ça. Les choses sont peut-être un peu exacerbées. Si j’avais pu, j’aurais vécu reclus.
Mais même ça de nos jours, ça se paye. Et cher.

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation ?
La fermeture des frontières et les erreurs que j’ai faites.

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,… ?
Une musique:
Le Train/Tîren
De Faris Bavé Firas

Oh mon amour
Oh mon amour de ce train
Je le vois arriver
Je sens le ciel et la terre trembler à son arrivée
Cette terrifiante fumée venant de la haute cheminée, j’entends son son sourd et sa clameur,
Comme il entre dans le village et atteint les plaines et les montagnes.
Les généraux et officiers, je supplierai.
 Je les supplierai de ne pas envoyer mon amour à la guerre de Bologne.
Je le jure devant Dieu tout puissant, si de mon père et de mes frères je n’avais peur,
J’échangerais ma poitrine contre sa liberté.
Je t’attendrai mon amour.
………….
Oh mon amour dans ce train,
Je l’entends venir comme un serpent
Et maintenant il compte faire arrêt dans notre village
Mais mon amour ne montre aucun signe de peur
Il retire ses vêtements, ceux des Kurdes
Pour porter ceux de l ‘armée étrangère
Je l’ai vu adossé au train l’air songeur
Je lui dis de ne pas trop s’inquiéter
Je jure sur les noms de Dieu que je ne laisserai personne me toucher avant qu’il n’ait fini de servir l’armée turque et me revienne.
Je t’attendrai mon amour.
………….
Mon tendre amour, je vois le train de Muzkulani se diriger vers l’occupée Diyarbakir.
Alors ils m’ont dit que le drame arrive.
Je les vois pousser mon amour au front.
Mon corps montre des rayures rouges et jaunes.
Je le jure devant Dieu tout puissant, si de mon père et de mes frères je n’avais peur,
J’aurais offert mon corps à cet amour avant son départ.
Je t’attendrai mon amour.
………….
Oui mon cher, je vois le train venir des maisons
J’écrirai une lettre au général Kemal
Si j ‘en crois les nouvelles, mon amour serait condamné à  la prison
Pour avoir fui l’armée turque, et aurait fui dans les montagnes.
Je souhaite aussi 120 années de prison  à ce goujat venu pour m’épouser pendant ton absence.
Je t’attendrai mon amour.
………….
Oh mon amour dans ce train.
Le voici et les avions dans le ciel.
J’entends sa voix comme le cri des aigles dans le ciel
Je dois aller à Ankara.
Je demanderai à voir le général Kemal
Et je le supplierai de te donner trois mois
Je t’attendrai mon amour.

Traduit du kurde à l’anglais par Alan Faris / Traduit de l’anglais au français par Aram Bahoz.

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Y a-t-il un message que tu voudrais faire passer, quelque chose que tu voudrais partager ?
Un texte:

Maintenant je sais.

Tu m’abandonnes au combat. J’ai perdu ta main sur mon épaule.
Celle qui donnait l’espoir. Celle qui donnait une force fauve.

Haydar
Maintenant je comprends les chants Kurdes.
Ceux qui parlent d’amour perdu. Et du temps que l’on ne retrouvera plus.

Avec force, tu dis que tout est impossible,
Et en mon fort, j’ai pensé que ton coeur resterait inflexible.
Pour moi ?

Helin
Maintenant je comprends les tambours Kurdes.
Ceux qui résonnent dans ma tête comme si j’y entendais mon coeur.
Sonnent-ils toujours l’avenir, ou couvrent-ils les heurts.
Pour toi ?

J’ai mes torts. Si j’avais su que ce monde nous séparerait.
Suis-je en vie ou bien mort, Sans doute ni l’un ni l’autre.
Dans l’attente.

Saziment
Maintenant je comprends la douleur d’être femme, et d’enfanter
Dans ce monde cloisonné, qui donne l’impression d’être ouvert
Les frontières sont fermées, pour nous protéger.
Pourtant moi, j’ai du mal à respirer.

Je n’ai rien à donner ni richesses, ni terres, et si l’époque m’a donné un instant l’impression de te posséder un peu.
Il m’est forcé d’admettre que j’étais bien ambitieux.
A vivre uniquement en possédant, on finit happé par le néant.

Ates …
Maintenant je sais pourquoi les curas pleurent.
Ils rêvent simplement de jours meilleurs.

ARAM BAHOZ

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Je fabrique et joue du/des Baglamas quand j’ai le temps

Son univers MOOD SHAPE est accessible via ce lien.

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Le confinement change-t-il ou a-t-il changé quelque chose à ta façon de travailler?
J’ai ressenti ce confinement forcé dès le départ comme une atteinte à ma liberté et cela d’autant plus pour moi puisque ma source d’inspiration est la nature. Rester chez moi ou à proximité limitait ma perception et mon travail artistique en photo. Je suis passée de la révolte à la résignation avec toujours ce sentiment bizarre de ne plus être maître du jeu. Dans un deuxième temps, je me suis dit que même à quelques pas de chez moi je pouvais malgré tout trouver le sujet porteur d’émotions. Et à cette prise de conscience, un nouvel élan s’est imposé à mon regard et mon dynamisme est revenu en force. J’étais déjà dans cette démarche avant le confinement, regarder le banal et l’ordinaire avec poésie, tendresse, présence et curiosité, je n’ai fait finalement que pousser cette quête au-delà des frontières intérieures que je me mettais. Cette période m’a aussi donné l’envie de me tourner vers l’édition, associer l’écriture à la photo est un projet que j’ai envie de mettre en place.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde?
Il ne fait que m’inciter à continuer dans la voie qui est la mienne. J’ai toujours été proche d”un retour à la simplicité, être plus en relation dans mon environnement local, revenir à de vrais valeurs, plus spirituelles je dirais même si ce mot fait un peu pompeux. Étant dans une phase de transition de vie, ce confinement a retardé mes projets mais renforce ma détermination dans l’idée de vivre au plus près de la nature, une forme d’autonomie alimentaire aussi m’importe beaucoup pour l’avenir.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
A l’heure de ce déconfinement, j’ai appris beaucoup de choses sur mon rapport au pouvoir, sur la nécessité d’être responsable de ce que l’on vit en permanence, sur le fait que rien n’est extérieur à soi, que rien n’arrive par hasard et que même dans les situations difficiles, il y a toujours des conclusions favorables, des remises en question qui nous poussent au delà de nos limites personnelles. Apprendre à regarder mes peurs, à les maîtriser, à prendre conscience de ce qui compte vraiment pour moi et à partir de là donner encore plus de sens à ma vision de la vie et à l’exprimer dans l’art et dans mes relations au quotidien.

Y a-t-il un message que tu voudrais faire passer, quelque chose que tu voudrais partager?
J’ai envie de dire qu’il existe une autre façon de percevoir le monde. C’est l’instant que j’ai choisi pour me libérer de ce monde de peur. Nous pouvons tous ensemble faire ce choix et construire un monde nouveau fait de partage et d’amour vrai.

Son univers RAYONNEMENT est accessible via ce lien.

Où vis-tu pour le moment? Comment s’y passe le confinement?
Je vis à Paris en appartement avec ma compagne et mes deux chats. J’y bénéficie d’un ensoleillement et d’un ciel assez dégagé qui m’ont permis de supporter sans mal ces deux mois d’enfermement. Toutefois la nature m’a beaucoup manqué… Je ne suis pas un gars des villes.

Le confinement change-t-il ou a-t-il changé quelque chose à ta façon de travailler?
Oui et non. Tous mes projets et commandes ont été gelés. Donc en ce qui concerne la production d’images je me retrouve presque à zéro. Pour ce qui est de la post-prod, je me suis adapté et réinventé. Des projets sont venus à moi: appels d’offre à remplir, constitution de dossiers pour de futurs projets, scénographie virtuelle d’une exposition à venir (mais quand ?…), couverture du magazine Le Monde des Religions, deux couvertures de disque pour un groupe de rock indé ami, etc. Je me suis également retrouvé dans l’opportunité de faire des réalisations inhabituelles comme la réalisation partielle d’un mini-clip pour ma compagne, Armelle Yons, chanteuse, dont l’un de ses amis musiciens a composé une chanson inspirée par quelques unes de mes photographies et notre couple d’artistes photographe-chanteuse.
Dès le premier jour de confinement -que j’imaginais alors sur une longue période- j’ai posté sur Insta et Facebook des photographies d’archives, parfois inédites, de paysages. Ceci afin d’aérer la tête des lecteurs ainsi que la mienne… Cela m’a en outre permis de faire une ou deux ventes de tirages d’art que je livre cette semaine.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde?
Non. Sans me poser comme un visionnaire je m’attendais à une pandémie, qui serait délivrée entre autres choses par… le changement climatique. J’avoue toutefois que je ne m’attendais pas à ce que cela arrive aussi tôt. Le covid m’apparaît dès lors comme un beau révélateur de connerie humaine. Le monde va trop vite, dans une frénésie suicidaire pour l’humanité et génocidaire pour la biodiversité.
J’hurlais à la mort depuis quelques temps, pris de coups de gueule et de coups de sang. Avec cette pause obligée, je me suis calmé quelque peu et j’observe avec sourire le calme revenu et le temps suspendu. Je prends d’ailleurs cette période comme une ascèse légère : au rythme de la planète je me suis détoxifié pendant deux mois: j’ai arrêté de fumer, de boire, de manger de la viande (ou si peu). Paris a été d’un calme bienfaisant.

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation?
Paradoxalement: le temps qui passe. Mais dans un sens de météo et de floraison. L’arrivée du printemps et l’éveil de la nature ont été très frustrants à observer ou à imaginer car j’avais plusieurs projets de prises de vue de paysages. Certains projets étaient des commandes, d’autres sont des projets personnels qui me renvoient désormais au printemps 2021. J’espère avoir les moyens en temps et en finances de me rattraper cet automne… Comme tout le monde finalement.

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Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
En partie oui et notamment pour les motifs évoqués précédemment. Ce ralentissement du temps m’a en outre permis de prendre du recul sur certains aspects de mon travail.
Je me sens également ragaillardi par la conjoncture et la mise en exergue de valeurs autour du mieux vivre qui sembleraient s’installer. Cela m’encourage à mener à bien deux grands projets que je commence à développer depuis plusieurs mois sur la notion de terroir. J’espère donc trouver une résonance prochaine.

Y a-t-il un message que tu voudrais faire passer, quelque chose que tu voudrais partager?
Aimez vous les uns les autres et arrêtez de consommer stupidement ! Mais quand je vois des files d’attentes de trois heures dès l’ouverture d’un fast food monstrueusement connu, je me dis que pour certains ce n’est pas gagné…

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Oui: une œuvre artistique très ambitieuse que je travaille depuis un an et demi et qui est, en fait, l’achèvement d’un gros projet démarré il y a … 17 ans. Un projet à tiroir, protéiforme. Tout ce que je peux en dire c’est qu’à ce stade je travaille sur les notions de paysages et d’une narration totalement novatrice. Cela se rapproche, par le fond et la forme, de l’Impressionnisme. Je suis, ici, à mi chemin du statut d’auteur et de celui d’artiste.
Pendant le confinement, ne pouvant partir en quête de paysages je me suis rabattu sur les possibilités restantes: prendre ce qui vient à moi. Et finalement j’ai bénéficié d’un espace extraordinaire: le ciel de Paris, pur et débarrassé de toutes traces d’avions. Ces dernières semaines ont été porteuses de superbes ciels de traîne dont j’ai fait l’étude et l’observation depuis un pont de Paris en bas de chez moi. J’ai fait des croquis photographiques de ces ciels qui vont m’être très précieux dans l’avenir. Ces images, dont je vous divulgue quelques échantillons, furent prises dans un créneau donné, avec une incidence lumineuse particulière, presque neutre, loin d’oniriques levers ou couchers de soleil.

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Depuis toujours, et en toute logique, je suis très attiré par les écrivains voyageurs. Il y a deux mois j’ai lu notamment le dernier Sylvain Tesson, qui narre, en compagnie de son ami photographe animalier Vincent Munier, la rencontre dans les hauts plateaux tibétains (région qui me touche) de l’auteur avec la mythique panthère des neiges. Tout dans ce livre me parle: les lieux, les protagonistes, la quête.
Sinon je me suis attaqué à l’intégrale des nouvelles d’un maître de ce style littéraire: Joseph Conrad. 1800 pages de récits…

Envisages-tu des changements dans ta façon d’appréhender l’entourage, ton quotidien, tes relations ou autres?
Pas particulièrement. Apaiser mon tempérament peut-être, si j’y arrive… Et si nos gouvernements font preuve de moins de crétinisme, de mensonges et d’arrogance.

Ses univers ENTRE QUATRE MURS ET GRANDS ESPACES et PARIS BY NIGHT sont accessibles via ces liens.

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Je vis à la campagne et ai la chance d’avoir un jardin ce qui rend le confinement bien moins étouffant.
Mon quotidien d’artiste freelance m’a habitué au journées de travail solitaire et ma personnalité introvertie n’a pas de mal à trouver l’isolement apaisant, je supporte donc assez bien ce confinement.

Je fais partie des optimistes peut être un peu utopistes aux yeux de certains mais je vois cette pause, dans nos vies souvent chargées de choses qui manquent parfois de sens, comme une grande chance et l’opportunité de virer de bord vers une façon de vivre à un rythme plus cohérent et de consommer de façon plus consciente. Je me réjouis aussi de voir que, quand le monde s’arrête de courir, l’une des premières choses qu’il fait c’est de se poser pour créer.
Les élans de créativités qui émergent en tellement de gens quand ils sont couper du superflu ne font que confirmer ma passion et lui donner toujours plus de sens.

J’espère que beaucoup de ceux qui ne se sont jamais arrêter pour écouter leur petite voix d’artiste intérieur jusqu’ici auront eu l’occasion de l’entendre en ces temps plus silencieux et pourquoi pas suivre un chemin différent une fois les portes à nouveau ouvertes…

Pour l’instant je découvre une autre facette artistique qui m’inspire beaucoup, la sculpture, traditionnelle comme digitale, et je travaille sur une œuvre inspirée de la série “Umbrella Academy”. Et oui, le confinement est aussi l’opportunité (le prétexte ?) pour regarder un peu plus Netflix que d’habitude…
À l’avenir je pourrais bien voyager d’une dimension à l’autre pour créer, je l’espère, des œuvres avec plus de profondeur, au sens propre comme au sens figuré.

Deux redécouvertes durant ce confinement : “La nuit des temps” de Barjavel et la trilogie de la “Déclaration” de Gemma Malley (si vous avez aimé “Le meilleur des mondes” et/ou “1984” comme moi, cela devrait vous plaire! ). Sinon il y a toujours la possibilité de (re)lire l’entièreté des “Harry Potter”, on ne peut pas se tromper sur ce coup là à mon humble avis!

Et si j’avais un message à passer ce serait peut être d’écouter son rythme intérieur avec plus d’intention et de porter plus d’attention à ce qui a vraiment de l’importance comme la bienveillance et la solidarité parmi tant d’autres choses…

Son univers GHOST CARDS est accessible via ce lien.

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Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Je vis dans un appartement situé à Gemmenich; un petit village situé sur les frontières entre la Belgique, l’Allemagne et les Pays-Bas.
Je vis un rythme de vie beaucoup moins effréné que d’habitude. Ce confinement me permet de m’arrêter, de souffler, de faire le point sur mes fonctionnements habituels et de me recentrer sur l’essentiel.

Néanmoins, la distanciation avec mon entourage, la perte de certaines libertés, le fait de ne pas avoir le contrôle sur la situation, l’avalanche médiatique, etc. ne me laissent pas toujours indifférente… Mais, j’essaye  d’en tirer le positif et de gérer ces effets en repensant mon mode de vie et en percevant ce confinement comme un élément moteur dans ma création artistique.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Oui, je réorganise mon agenda et consacre davantage de temps à des choses que j’ai tendance habituellement à délaisser et qui pourtant méritent d’être également considérées… Par exemples, j’en profite pour remettre de l’ordre dans mes photos, me replonger dans de vieux dossiers, classer mes photos sur mes disques durs (ça fait un moment que je reporte l’archivage), retoucher mes derniers projets, donner des cours de photographie à distance, travailler sur mon site web, me nourrir artistiquement, réaliser des prises de vue chez moi et sublimer mon quotidien,… Je suis davantage attentive à des détails de mon appartement qui passaient auparavant inaperçus. Je contemple le jeu d’ombres et de lumières qu’offre les couchers de soleil et m’imprègne en tant que personne dans mes espaces de vie. Bref, mon rapport au travail, à la photographie et la manière d’interagir avec mon chez-moi, est différent.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
Cette situation me permet de mener en tous cas un questionnement sur moi-même et sur ma relation avec le monde. Je me rends compte à quel point les choses sont éphémères et le contrôle illusoire…
Efficacité, rentabilité, productivité, profusion, rapidité, consommation, argent, confusion des besoins,… riment avec notre monde d’aujourd’hui, parfois au détriment de notre humanité. Je perçois cette « crise » comme un signe, un avertissement.

Pour moi, c’est aussi l’occasion de repenser ma vie, de lâcher-prise, de vivre davantage l’instant présent, de (re)définir mes priorités ainsi que mes besoins… et surtout de ralentir!

Y a-t-il un message que tu voudrais faire passer, quelque chose que tu voudrais partager?
Je pense que la situation que nous vivons nous permet de nous interroger sur notre comportement face au fonde, de nous recentrer et de refaire vivre des valeurs enfuies. Le temps passe, je vois cela comme une alerte, un moyen de réfléchir et de changer nos habitudes avant qu’il ne soit trop tard…

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Actuellement, je travaille sur ma sélection photographique pour un projet d’exposition qui se déroulera au Centre Culturel d’Hannut sur la thématique du nazisme et des guerres. De nombreux artistes ont réalisé des œuvres afin de répondre aux lettres rédigées par des élèves à Anne Franck. Pour ce projet, j’ai fait des photos de portraits dans une ancienne gare. C’est un travail sur le temps, sur la façon dont nous faisons vivre le passé aujourd’hui, un questionnement sur les choix de l’homme au sens général et leurs conséquences, sur le « si »,…

 

Ses univers MÉLANCHOLIA – LA RENAISSANCE et MÉLANCHOLIA – LA BILE NOIRE sont accessibles via ces liens.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Comme je n’ai plus accès à mon atelier qui se trouve à l’autre bout de la ville, je ne peux plus peindre puisque tout mon matos est resté sur place. Je me rabats donc sur ce que j’ai à ma disposition, c’est-à-dire mon iPad et de la farine. J’utilise mon iPad pour créer de nouveaux dessins, j’expliquerai plus loin le pourquoi de la farine. Outre de nouvelles techniques digitales que j’apprends sur ma tablette, je publie chaque jour sur Facebook un dessin que je mets en vente au profit du CHU St Pierre à Bruxelles (non, je ne prends pas un centime sur ces ventes, bien sûr). C’est une bien modeste contribution à la lutte contre cette saloperie de virus, mais bon, on fait ce qu’on peut. Et la farine, vous demandez-vous ? Elle me sert… à faire mon pain. Oui, à la main, bien entendu. A l’ancienne. C’est une toute nouvelle passion. Je ne comprends pas moi-même pourquoi j’ai attendu si longtemps pour découvrir aujourd’hui seulement ces gestes ancestraux ! Un peu trop cuit et pas assez levé, je suis fier de mon premier pain.

Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Je vis à Bruxelles dans un petit appartement de 60m2 avec ma compagne, notre chatte (Zsazsa), notre chienne (Haggis) et notre coucou qui égrène les heures du confinement, soit 294 heures au moment où je réponds à ces questions. La fenêtre est ouverte et quelques oiseaux fêtent le printemps. Pas bien grand pour tout ce monde, mais comme c’est la maison du bonheur et que chacun fait des efforts pour respecter l’espace des autres, ça marche plutôt très bien. Faut dire que le soleil est présent depuis le début de cette crise et que nous n’hésitons pas à sortir le bout de nos nez encore sains pour découvrir dans les environs des petits sentiers champêtres peu fréquentés.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde?
Ça ne remet pas vraiment en question ma vision du monde, mais ça confirme bien celle que j’avais déjà avant cette situation, à savoir que notre système ultra-libéral est suicidaire pour l’humanité. J’ose espérer, sans trop y croire, que nous tirerons les leçons qu’il faut de cette crise et que nous changerons drastiquement nos comportements. On peut rêver, non ?

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation?
Savoir que mon meilleur pote est confiné dans un centre de revalidation, prisonnier de sa polyarthrite, privé de toute visite.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
L’eau des canaux de la Sérénissime qui sont redevenues turquoises, tout un symbole.

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Relire (avec l’accent provençal de préférence) « l’homme qui plantait des arbres » de Jean Giono.

Son univers VANITAS VANITATUM est accessible via ce lien.

Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement? 
Je vis chez moi, dans mon appartement avec mon mari.
Je suis dans une petite ville mais heureusement très proche d’une forêt où je peux très fréquemment me promener.Je suis ravie que mon appartement ait une belle terrasse.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Oui. Cette situation anxiogènes me bloque.
Dès que le confinement sera terminé je repartirai de plus belle.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde?
C’est un signe, un signe fort comme quoi nous devons changer notre façon de nous comporter, changer notre façon de consommer, etc…
Une épidémie qui commence sur un marché en Chine bloque le monde… Il y a de quoi se poser de très nombreuses questions…
Il faut retrouver un monde avec plus d’empathie et où l’humain est repositionné au centre de nos préoccupations.

Ses univers IS IT ANY WONDER? et JUMP! sont accessibles via ces liens.

Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Chez moi, en ville. Avec mon épouse et ma fille de 25 ans. Un petit jardin qui fait du bien.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
On se met au télétravail avec collègues et étudiants. C’est inventif et assez drôle malgré beaucoup d’incertitudes.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde?
En tous cas c’est une opportunité pour la remettre en question? Je suis d’un naturel optimiste et j’y vois des changements possibles, voire obligés (cf. Mon article)

Y a-t-il un message que tu voudrais faire passer, quelque chose que tu voudrais partager?
Oui: https://vdbdidactiqueartsplastiques.wordpress.com/2020/03/16/pourquoi-le-coronavirus-va-nous-rendre-plus-creatifs/

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Je bricole, je me suis mis au cyanotype et je suis sur des séries… Mais malheureusement c’est au ralenti (difficulté de sortir et manque de matériel)
Par contre ma série « décalcomanie-manies » est assez appropriée à l’actualité, cela m’amuse.

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Sapiens, une brève histoire de l’humanité (Yuval Noah Harari)

Ses univers BRICOGRAMMES et DÉCALCO-MANIES sont accessibles via ces liens.

Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
C’est ici que je travaille et que je crée, dans les combles d’une petite maison campagnarde de la région namuroise.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Je suis artiste à temps très partiel, à côté de mon métier de coach. En tant que coach, je soutiens les meneurs d’équipes dans les domaines de la communication et des interactions. Et ce n’est pas facile en cette période inédite où les interactions sont devenues interdites, dangereuses. Pour l’instant j’interagis à distance en offrant toute l’écoute dont je suis capable, en espérant pouvoir bientôt retrouver tous mes coachees qui continuent de bosser formidablement sur le terrain.
Pour rester un tant soi peu sain d’esprit dans ce confinement, je me crée des routines et des espaces de temps bien distincts pour mes différentes activités. Une fois le télétravail terminé ,je me réserve une période d’une heure par jour pour avancer dans mon activité artistique. Le reste du temps est consacré à la famille.

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description? 
Oui, mais j’aime garder un peu de mystère jusqu’au bout 😉 Je travaille actuellement sur un projet pour l’exposition “Regards Partagés”, dans lequel 20 enfants ont écrit chacun une lettre à Anne Frank, et 20 artistes répondent par leur art à une de ces lettre. Je pense que j’aurai fini ce projet la semaine prochaine. Et comme j’ai développé une nouvelle technique spécialement pour ce projet il se peut qu’il en découle quelques nouvelles réalisations!

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Une liste avec ce qui me passe spontanément par la tête. N’y cherchez aucune logique, aucune structure, prenez-y ce qui vous parle…
• Musique: le Nisi Dominus de Vivaldi par Jarrousky si vous voulez vous envoler très haut loin du stress sinon pour l’instant j’écoute beaucoup Marillion, si vous êtes plutôt branché rock progressif
• Cinéma/séries: une perle découverte un peu par hasard: Man From Earth. Un film inclassable, de la science-fiction basée quasi uniquement sur le dialogue, assez captivant. Science-fiction beaucoup plus classique, mais filmé de manière magistrale: Children of Men (quoique je ne sais pas si c’est une bonne idée de regarder un film sur la fin de l’humanité en cette période) et puis j’assume mon côte geek avec la série Mr Robot
• Livre: je suis en train de relire les Dits de la Terre Plate de Tanith Lee. Un style très particulier, poétique, envoûtant et sensuel. A réserver toutefois aux lecteurs avertis 😉

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J’ai d’abord pensé passer le confinement dans mon kot à Liège. Mais j’ai vite senti que j’allais souffrir de la solitude. Je suis donc rentrée chez moi, à la campagne, avec ma maman et ma sœur.
J’ai de la chance d’avoir un grand jardin et un bois tout autour de chez moi pour pouvoir m’y balader et je dois dire que l’entente avec ma maman et ma sœur est idéale. On s’accorde pas mal de temps de « solitude » pour pouvoir tenir le coup. En réalité, ce n’est pas tant le confinement qui pèse sur mon moral, mais le fait de ne plus avoir de réelles interactions sociales. Bien que j’utilise beaucoup le concept de conversation vidéo, ce n’est pas la même chose. J’ai toujours aimé la solitude, m’accorder des moments rien que à moi, mais à petite dose. Le soleil joue aussi beaucoup sur le fait de vouloir sortir, voir mes amis, aller en terrasse, dans les parcs. Je ressens une sorte de nostalgie du temps que je ne sais pas vivre, c’est une sensation bizarre.

La fermeture de l’université est la chose qui m’a le plus affecté, étonnement. Les cours en audio via mon ordinateur, ce n’est vraiment pas la même chose. Ma vie étudiante est quelque chose de très important pour moi et le fait de devoir la laisser de côté pendant quelques mois m’affecte beaucoup.
Ce sont des moments qui ne durent pas éternellement et devoir en sacrifier un bout me rends assez triste. Les cours, le kot, ma vie en ville, les soirées, tout ca me manque. Je pense que je serai d’autant plus contente de retrouver tout ça l’année prochaine, pour ma dernière année d’université.
Je prends cependant du temps pour faire des choses dont je n’avais plus trop le temps comme lire des livres, jouer à des jeux de sociétés. J’ai l’impression que je reviens à beaucoup d’activités que je faisais lors de mon enfance.
J’avais également mis de côté la photographie, un peu contre mon gré, pour me consacrer pleinement à mes études actuelles et cela me manquait beaucoup . J’ai donc été faire quelques photos dans les alentours de ma maison, avec ma sœur. Il a fallu le temps de me remettre dans le bain mais j’ai sorti quelques clichés qui me plaisent pas mal. Je dirai que ce confinement, en plus d’aider à réduire ce foutu virus, aura eu aussi du positif sur moi. Il m’aura permis de me remettre à la photographie, de me donner l’envie de m’y remettre activement et surtout de me rendre compte de ce qui est réellement important pour moi, ce dont j’ai réellement besoin.
Et si je pouvais conseiller quelque chose, je suis en train de regarder le documentaire de 2011 « Life in a day », un documentaire youtube. Vraiment chouette pour s’évader en ce moment!

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Journal d’un coronatographe

Mardi 21 avril 2020.

Trente jours déjà qu’Horus le Lointain a estimé qu’il valait mieux bloquer mon obturateur. Douze jours de lutte intensive ont permis aux disciples d’Esculape de me ramener à la vie.

Là, je vis dans une chambre d’environ 25m2, quelque part au cœur du CHR de Verviers, entouré de femmes en bleu et d’hommes en blanc. Le confinement y est à son maximum, car tous travaillent dans cette partie des Soins Intensifs dédiée au coronavirus. Masques de toutes sortes, heaumes de plastique, protocoles d’entrée/sortie, gants par centaines, parfois c’est difficile de savoir si on s’adresse à l’infirmière en chef ou à une abeille nettoyeuse, qui arpentent les couloirs à longueur de journée et de nuit. Toutes, elles accomplissent un boulot titanesque, souvent très technique, chaque jour, avec le sourire et d’humeur égale… Bien sûr, il y a comme partout des exceptions: quand vous vous déclarez végétarien et que vous découvrez du… cabillaud dans votre premier dîner !… Allez, nous sommes encore douze coronaviriens, mais j’ai remarqué qu’Horus commençait à avoir des crampes…

Le confinement n’influe guère sur ma manière de travailler, je resterai un vieux grizzly solitaire jusqu’à mon dernier souffle. Avant l’interruption, je travaillais sur mes premiers projets non numériques, je vais donc revenir à mon atelier de base, un de ces bidules électroniques qui font partie intégrante de ma vie, depuis mon premier Macintosh SE en 1987.

Le plus gênant, puisque j’ai été intubé, c’est que je ne peux pas parler. Il faut tout écrire, avec un minimum de mots et de lisibilité. Réapprendre à écrire, structurer ses pensées, prévoir et grouper ses demandes, respecter l’autre… À 68 ans, après 12 jours de coma, j’ai eu besoin de plusieurs jours pour y arriver !

Le truc fabuleux, c’est que ce soit l’Ami Covid qui m’offre ce fameux “reset” dont je rêve depuis plusieurs années, pouvoir dire à mon corps et mon esprit qui vivent comme un vieux couple essoufflé: “stop les gars, les conneries c’est fini, on refait connaissance en écoutant les besoins et les envies de l’autre”… Je sais, c’est pas gagné, mais t’en auras pas une deuxième comme ça !

Je devais participer au Projet Anne Frank, initié par mon ami Alain Bronckart et Orpiment.be, dont je fais partie. Ces jours derniers, j’ai eu quelques idées pour réaliser ma participation, au moins virtuellement.

Un bouquin pour la route ? Non, un auteur: Paul Auster. La Musique du Hasard, Moon Palace, Mr. Vertigo, Léviathan, Smoke…

À bientôt, Charles

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Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Je suis à la campagne, donc je vis bien  mon confinement. Il y a assez d’espace pour respirer et profiter du beau temps.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
Oui, ayant un job à mi-temps, je suis au chômage technique, ce qui me permet de travailler à 100% sur mes projets. Néanmoins,  le vrai côté positif c’est l’effet bénéfique sur la planète. Là où j’habite en général il y a minimum 6 voir 12 avions en même temps dans le ciel, et de pouvoir observer le ciel bleu sans aucunes traînées d’avions, c’est peut-être bête mais ça me choque profondément. Comme l’homme est arrivé à un point de non-retour. 

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Je viens de terminer une œuvre qui est en lien avec le Covid19. Elle sera exposée à Art Au Centre à Liège. C’est une reproduction de Rubens, le martyre Saint Sébastien invoqué pour lutter contre la peste et les épidémies. Il y a plusieurs messages dans ma toile, on y voit Saint Sébastien mais aussi son propre visage avec le chrome et les néons. 
Voici une photo d’un détail, pour la voir en entier rdv sur Instagram ou en mai dans une vitrine liégeoise. 

Ps : Étant confiné comme tout le monde, on trouve aussi de l’inspiration un peu partout. J’ai donc peint mes bûches 😀

 

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Où vis-tu pour le moment? Comment s’y passe le confinement?
Je vis à Liège, plus précisément à Burenville, presque au centre ville mais pas tout à fait, ce qui me permet d’avoir mon tout petit morceau de campagne (un petit jardin) et le parc pas trop loin…

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler ?
Artistiquement, non pas tellement.. J’ai assez de matériel en stock pour tenir plusieurs mois et la solitude ne me dérange pas 🙂
Pour le reste de mes activités professionnelles, commandes de clients pour des éléments de décors ou autre, toutes sont annulées jusqu’à nouvel ordre, donc c’est un peu l’angoisse. Il y avait de très chouettes projets à l’horizon, et même 2 expos, fin avril et mi-mai. Je ne sais pas si cela tient toujours.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde?
Oui et non. Ma vision du monde était déjà en questionnement, depuis longtemps. Maintenant j’ai la certitude et l’espoir qu’une partie de la population va souhaiter vivre et fonctionner différemment. Est-ce que ce sera suffisant pour un vrai changement ? Sommes-nous prêts pour ce changement sociétal ? C’est la question…

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation?
Ne pas voir mes parents, et parce que je m’inquiète pour eux. ne pas voir mes petites nièces, tellement adorables, qui me manquent beaucoup. Et bien entendu, ne pas voir mes amis, qui tiennent une place immense dans ma vie.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
Nous pouvons réellement vivre avec moins. Cette épisode le prouve à nouveau.
La solidarité  et l’entraide restent de belles valeurs, partagées et portées par de nombreux citoyens. Les exemples fleurissent pendant cette période d’angoisse.

Y a-t-il un message que tu voudrais faire passer, quelque chose que tu voudrais partager?
Je nous souhaite de pouvoir continuer sur cette nouvelle voie “plus sage” une fois la pandémie passée. Aider les autres à se réaliser, à se relever après la crise. Consommer plus intelligemment, plus localement. Soutenir les entrepreneurs proches de nous. Et puis humainement, cessons de nous regarder le nombril. Nous devons rester ouverts aux autres et plus compréhensifs.

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Je continue ma série sur les arbres. Et puis, je travaille aussi sur le projet Anne Franck. Je me suis donc replongée dans son histoire, celle de sa famille, confinée et cachée pendant 2 ans pour fuir les nazis. C’est de circonstance.
C’est un début…

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Un livre : “Sapiens” de Yuval Noah Harari qui raconte l’histoire de l’humanité, de notre civilisation. Une brique, mais c’est l’occasion de s’y attaquer.
Un film : “Parasite” ou “Once Upon a time in Hollywood” pour le divertissement… ou “Marriage story” dispo sur Netflix.
Et sinon, en mode fin du monde : “Into the forest” De Patricia Rozema avec Ellen Page, Evan Rachel Wood

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Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Je suis dans mon appartement à Ixelles avec mon copain Sélim. Comme beaucoup d’artistes et indépendants, on est plutôt habitués à vivre et travailler dans notre cocon et du coup pas trop dépaysés. Je me considère comme très privilégiée en ce moment, parce que j’ai tout ce qu’il faut pour travailler et me divertir chez moi, internet pour communiquer, et mon copain pour ne pas être complètement seule. Il ne me manquerait vraiment qu’un jardin, car il faut le dire c’est un peu frustrant d’avoir deux semaines de plein soleil, juste au début du printemps quand les fleurs commencent à pousser, alors qu’on nous demande de rester au maximum à la maison!

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Ça ne change rien à mon processus, je travaille de toute façon toujours chez moi. Là où il y a quelques différences c’est du côté de mes clients (j’ai de la chance, j’en ai deux en ce moment donc je ne suis pas désœuvrée!) car eux par contre ne peuvent plus aller au bureau, donc leurs réunions sont plus rares, donc leurs réponses à nos mails plus espacées … En somme, ça a ralenti un peu les choses. Ce qui n’est pas plus mal.

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation?
C’est assez anxiogène. Il faut faire un effort conscient de s’éloigner des infos, des réseaux de temps en temps parce que les chiffres font peur. Je connais quelqu’un qui a attrapé le virus, je connais quelqu’un qui travaille dans un centre médical, je connais quelqu’un qui a une maladie qui affaiblit son système immunitaire … Difficile de ne pas s’inquiéter. C’est aussi assez stressant de voir le manque de prudence et l’inconscience des gens qui continuent de faire comme si de rien n’était, d’aller se promener en groupes dans les parcs, de faire la fête, d’aller au magasin pour deux bières et du pain quand il faut essayer d’y aller le moins souvent possible … Je ne prône pas la panique, mais j’aimerais voir un peu plus d’efforts collectifs pour ralentir la progression de cette pandémie.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
Même si je me plains de certains imprudents, je vois aussi beaucoup de gens s’entraider et se soutenir les uns les autres. Des jeunes qui proposent aux voisins âgés de faire leurs courses. Du soutien financier et émotionnel envers ceux qui doivent continuer de travailler en dehors de chez eux. Et c’est agréable aussi que le monde puisse respirer un peu, ralentir le rythme. Sur les réseaux, je vois les gens redécouvrir des hobbys, sans toujours chercher à en tirer un profit. Puisqu’on est tous obligés de ralentir, ça met un sacré coup à notre culture compétitive et de rentabilité. Je vis en ville, et je n’ai jamais eu autant de silence. Il n’y a plus de voitures ! Ça fait beaucoup de bien. Et puis bien sur, c’est bon pour la planète ! Vous avez vu les photos des canaux de Venise ?

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Livres: la série bd “les Bergères Guerrières” • les deux séries de romans “Bartiméus” et “Lockwood & co” de Jonathan Stroud • les romans de Neil Gaiman
Films: Tous les Ghiblis. Faites un marathon ! • Klaus (c’est un dessin animé de Noël, mais si ça ne vous dérange pas de le regarder un peu hors saison il en vaut vraiment la peine!) • Can You Ever Forgive Me
Séries: Hilda • Anne with an E • The Good Place • les Demoiselles du Téléphone • The Bletchley Circle • Derry Girls • L’art du Rangement avec Marie Kondo si vous voulez de l’inspiration pour votre ménage de printemps 🙂
Musique: Porcupine Tree • Lola Marsh • les playlists LoFi sur youtube (parfait pour travailler) • Cosmo Sheldrake • Lucy Rose
Podcast: Lore !

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Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Je vis à Woluwe-Saint-Pierre. Le confinement s’y passe comme partout ailleurs en Belgique. Cependant, je me sens privilégiée parce que j’ai une jolie promenade à proximité, et de plus, je dispose d’un petit jardin.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Le confinement ne change rien à ma façon de travailler puisque de toute manière je travaille seule dans mon atelier.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
Le positif c’est que
1) la terre respire un peu
2) des mesures regrettables quant aux budgets de la santé, éducation et culture seront peut-être revues de manière mieux pensée
3) la disparité entre le salaire d’un joueur de football et celui d’une infirmière soudain nous saute à la gorge
4) qui sait ? On sera peut-être moins égoïste face à ces hordes de demandeurs d’asile qui ont tout perdu

Lampedusa, Octobre 2013 – Huile et acrylique sur toile – 100 x 80

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation?
Ce qui me pèse dans cette situation, c’est de savoir que beaucoup vont se trouver dans la merde, soit d’un point de vue matériel, soit que la situation imposée leur a été tellement insupportable (par exemple vivre à plusieurs dans un espace trop petit) qu’elle a généré un pis-aller quelquefois irréversible

La chute – Huile et acrylique sur toile – 110 x 110

Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Je vis depuis une vingtaine d’année à la campagne près avoir vécu plus d’une quarantaine années à Liège.
Autre époque avec 3 enfants pleins d’activités et la ville était extraordinaire pour ça. J’ai beaucoup aimé cette période mais je ne la regrette pas.
Surtout actuellement, avec un jardin spacieux qui permet malgré la situation actuelle de sortir sans contrainte.

Vous l’avez certainement compris, je suis retraité et le confinement se passe très bien. En effet, compte tenu de ma situation sociale, le déroulement quotidien n’est pas fondamentalement bouleversé.
Des projets de rénovations, le printemps qui s’annonce, tout cela apporte de nombreuses activités journalières.

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation?
Je suis actif au seing du Royal Photo Club de Huy et nous sommes/étions en plein préparatifs de notre exposition annuelle. Tout est mis en veilleuse et cela est assez frustrant car nous apportions une grande importance à cette évènement. Ce n’est que partie remise.
Un autre point difficile est le manque de contact “physique” avec notre entourage. Ne plus se serrer dans les bras, s’embrasser, se ressentir.
Et un dernier point est la suppression de toutes les expos, les musées, les cinémas, théâtres, bref, ce qui tisse et entretien un réseau social.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
Nous avons au seing du Royal Photo Club de Huy un informaticien qui a organisé des “réunions virtuelles” afin de conserver au mieux le tissus social du club.
Nous avons eu une première réunion ce 24 mars qui c’est très bien passée et l’ensemble des participants sont satisfaits. Sans cette contrainte du confinement, nous n’aurions pas découvert d’une part les talents d’un des membres et ensuite la motivation des autres personnes présentes à cette première.
Je pense que nous en ressortirons plus soudé qu’auparavant.

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Je projette une série que j’intitulerai “volage”
En fait, se sont mes pensées qui le sont, qui passent d’un week-end à la mer, aux anniversaires des enfants, un coucher de soleil, la liberté des oiseaux ou les petites routes de France…
Le tout immortalisé grâce à des diapositives bien malmenées par le temps.

Son univers BIZ’ART est accessible via ce lien.

 

Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Chez moi, dans ma maison, juste à la banlieue de Verviers et tout va bien jusque là.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Oui, je bosse en télé travail pour mon boulot alimentaire. C’est une première pour moi de pratiquer le télé travail. Même si je suis administrative, j’exerce quand même un travail qui implique pas mal de contacts avec des personnes très diverses. J’ai mis une semaine à trouver un rythme de croisière.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde?
Complètement, mais je n’avais pas besoin de ce virus pour en être déjà consciente. Il faut à mon sens revenir à l’essentiel, oublier tout ce qui est factice et travailler ensemble pour reconstruire les bases d’une société plus juste pour tous. Il faut réinvestir dans les Services Publics qui garantissent malgré leur “détricotage” depuis quelques années les services essentiels de base à la population. Si la mort des personnes victimes de cette crasse qu’est le Covid-19 doit servir à quelque chose, c’est que nous remettions tous notre mode de vie en perspective et que nous arrêtions nos conneries sociales, climatiques, environnementales et économiques.

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation?
Rien, je suis, contrairement aux apparences, quelqu’un d’extrêmement solitaire, je peux facilement rester plusieurs jours sans parler, le silence et la solitude ne me pèse pas, tout comme la nuit, que du contraire. Et donc, la vie sociale ne me manque pas du tout.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
Oui, même si je n’habite pas vraiment en ville, je suis quand même soumise aux bruits de la circulation, actuellement la chose qui me frappe le plus, c’est ce bruit de fond qui a disparu, j’aime le silence dans les rues quand je sort promener mon chien.

Y a-t-il un message que tu voudrais faire passer, quelque chose que tu voudrais partager?
“TOUT IRA BIEN” il faut garder le moral, c’est super important , j’ai bien conscience que la situation dans laquelle nous sommes est plus difficile à vivre pour certains, mais nous allons finir par en sortir, il faut s’accrocher aux petites bonheurs quotidiens et prendre du temps (nous en avons) pour se réinventer.

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Oui, depuis le jour du confinement des maisons de repos (le 11 mars), je prend une photo de moi le matin et une le soir, devant la glace de ma salle de bain, j’ai eu cette idée pour soutenir ma maman qui est en maison de repos et qui d’habitude vient avec moi chez le coiffeur. C’est une sortie qu’elle apprécie particulièrement et je savais qu’au delà du confinement, elle allait avoir du mal à gérer. Comme nous communiquons via Messenger et Facebook, j’ai pensé qu’alimenter sa page avec l’évolution de mon désastre capillaire pourrais être amusant. J’ai décidé du hashtag #momimwaitingforyou pour lui dire que je n’y retournerais pas sans elle. D’autre part, comme je passe pas mal de temps dans ma pièce “d’impressions” qui est devenue mon bureau “Service des Travaux” depuis le confinement, j’ai relancé 2-3 négatifs pour des techniques alternatives, j’ai des idées mais rien d’arrêté pour le moment.

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Pour l’instant je lis “Lesbos la honte de l’Europe” de Jean Ziegler mais ce n’est pas vraiment un livre pour se changer les idées ….

 

Ses univers JULIETTE HAS A GUN est accessible via ce lien.

 

Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement? (Campagne? Ville? Hors Belgique?)
Confiné en appartement à Bruxelles-ville, mais heureusement avec une terrasse et suffisamment de m² donc on survit.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Ça m’a justement permis de commencer à télétravailler dans mon nouveau boulot donc je dors plus, et je peux me balader en short.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde?
Je suis halluciné de voir comme le fait de rester chez soi et s’imposer des limites pour le bien de tous est si difficile pour un grand nombre ; égoïsme ou réelle peur de se retrouver seul avec soi-même, quoi qu’il en soit c’est quelque chose que je ne ressens pas du tout.

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation?
Je suis déjà un peu isolé depuis quelques mois suite à mon déménagement de Liège vers Bruxelles, et donc là la mal du “pays” se fait ressentir, mais le casanier qui sommeille en moi fait contre mauvaise fortune bon coeur.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
Ça me permet de me reposer, et aussi il faut reconnaître qu’à côté du lot de souffrances, ça a des effets positifs : l’eau des canaux de Venise redevient claire, le taux de CO2 baisse, la criminalité n’a jamais été aussi faible, les gens se rappellent que le financement des services publics n’est pas de l’argent perdu… Ça pose question sur ce qui sert de moteur à notre société lorsque aucune barrière n’entrave le chemin…

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Je continue mes lectures de Ray Bradbury, un auteur vraiment complet et complexe, trop souvent cantonné à la seule science-fiction (elle-même injustement dénigrée) ; La Baleine de Dublin, son autobiographie qui ne paraît pas en être une (grand merci !) est vraiment agréable. – Série : ce confinement est aussi l’occasion de regarder la saison 1 de True Detective pour ceux qui ne l’ont pas encore fait 🙂 – Film : Only lovers left alive (et sa musique !)

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Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Je vis à la campagne dans un petit village, avec mon mari, mon chien et 2 poules qui nous donnent de bons œufs. En général, je n’ai pas besoin de partir, de voyager, de me changer les idées. J’aime avant tout être chez moi, dans la maison, l’atelier et le jardin; donc ce rythme me convient bien. Le matin pas de bruit, il n’y a que le chant des oiseaux. Ensuite les travaux agricoles commencent et on sent la vie dans les fermes avoisinantes; j’aime ça, le travail continue, les champs se préparent, les vaches sont contentes. Je considère ma situation comme une chance, c’est le printemps, je suis à côté de la forêt où je peux marcher sans rencontrer personne. Grâce à WhatsApp, j’ai des nouvelles quotidiennes de mes filles qui sont à Bruxelles et à Paris. Elles sont prudentes, débrouillardes et courageuses, ce qui me rassure.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Bien que j’aie davantage de temps à consacrer à mon travail de peintre, j’ai des difficultés à me concentrer sur un nouveau projet; tout me semble dérisoire et occupationnel. Peindre pour peindre cela ne m’intéresse pas, il me faut un fil rouge qui me mène, un truc obsessionnel (mais très sain). Là, j’ai plutôt envie de faire mon potager, gratter, ratisser, prévoir. Et marcher dans la nature, pour m’émerveiller.

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation?
Mais ma famille est éloignée, pour mes petits enfants le manque de copains est difficile à gérer, et surtout les infos annoncent tant de manquements et d’erreurs dans la gestion politique; je ne crois malheureusement pas qu’une fois sorti de la crise, le monde changera ses mauvaises habitudes. Parfois la peur au ventre; mais j’ai confiance quand même.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
Quant à moi, rien n’a changé, je suis toujours la même, plutôt optimiste et rassurante, mais aussi dans le doute. Il y a une prise de conscience dans une partie de la population, ça fait du bien. J’espère que les enfants et les ados, retiendront la valeur de l’entraide, de l’essentiel, des privations utiles et des dérives de la consommation des plaisirs et des choses.

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Des livres qui m’accompagnent: “Dans la forêt” de jean Hegland, “Pleins de vie” de John Fante, “De fringues, de musique et de mecs” de Viv Albertine, “La servante écarlate”, “L’amie prodigieuse”, Mon potager bio, Les oiseaux de nos campagnes, les photos d’Alain Laboile…

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Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Inspirée par les oeuvres de Millet décrivant si bien l’ancien monde rural, justement, je travaille depuis des mois sur le fossé entre la consommation effrayante de nourriture et la nécessité, le ramassage, le glanage; ce qui est jeté par les uns qui sera ramassé par les autres. Evidemment on est en plein dedans…Voici le texte qui introduit le projet:

Ce qui reste
Il y a ceux qui laissent. Il y a ceux qui trouvent.
Zoom sur les terres du passé, terres sèches ou boueuses sous les galoches, terres farcies de racines oubliées, de fruits trop petits, de nourritures à glaner.
Travelling sur les sols bétonnés, rues pavées et grises sous les souliers, fins de marchés, cageots fatigués, poubelles renversées. Nourritures à ramasser.
Arrêt sur images sur les dos courbés des terres abandonnées. Terres pauvres et désertées. Tout est à recréer.
Les hommes s’agenouillent, les femmes se penchent.
Où sont passés les ailes des anges ?
Hommage à Agnès Varda.
Le temps ne passe pas si vite que ça.

 

Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement? (Campagne? Ville? Hors Belgique?) 
Je vis en centre ville de Liège, au bord de la Meuse. Le confinement se passe assez bien parce que j’aime bien de rester chez moi et être seule, mais c’est quand même lourd d’être avec mes pensées tout le temps sans avoir de vrais contacts avec les gens.

Qu’est-ce qui te pèse le plus dans cette situation? 
L’incertitude, ne pas savoir ce qui va se passer, je m’inquiète beaucoup pour mes proches et je suis très émotionnelle, des sentiments très lourds.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif? 
C’est clair qu’on devait changer notre manière de vivre, et maintenant on voit déjà la différence au niveau de la pollution, j’espère que les gens vont continuer de faire des choix un peu plus intelligents et moins égoïstes mais je pense que je demande peut-être trop. je croise les doigts.

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description? 
J’ai beaucoup d’inspiration pour le moment, déjà depuis un peu avant le confinement. Je travaille sur des “autoportraits”, j’ai commencé un nouveau compte Instagram pour partager ces photos. Ça m’occupe et je sens que j’ai vraiment besoin de canaliser ma créativité. Le compte s’appelle @lavalendel.

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…? 
Obligatoire de voir le film “12 monkeys”, c’est assez flashant avec ce qui se passe maintenant.  Puis je suis en train de lire des livres de Dean Koontz, la série avec le personnage Jane Hawk, j’aime vraiment bien, assez dark bien sûr.

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Où vis-tu pour le moment? Comme s’y passe le confinement?
Je vis chez moi avec mon chat dans mon appartement et salon/atelier. Vu que j’ai déjà une santé fragile, le début a été dur, car mon aide est réduite, et je dois trouver des moyens de m’aider sans sortir. Et j’y arrive grâce à un programme et en trouvant des choses qui me plaisent à découvrir et fixer mes pensées sur autres choses que l’actualité qui nous mangent tous.

Le confinement change-t-il quelque chose à ta façon de travailler?
Le confinement me permet de découvrir d’autres aspects dans le travail, oui. Il faut faire avec les moyens du bord et oser. De revoir des photos que je n’avais pas exploitées. J’en profite pour être plus proche de ceux qui me suivent sur les réseaux, depuis hier avec des lives et un programme que j’annonce. La communication est importante pour les gens. Cela leur inspire de la confiance et leur donne envie aussi de s’impliquer dans notre art. C’est incroyable.

Est-ce que ce confinement remet en question ta vision du monde?
Personnellement, sans être négative, je m’y attendais et je m’attends toujours à pire. Notre environnement nous parle, la planète crie on est des portes paroles en tant qu’artistes soit on dénonce soit on raconte des histoires pour que les personnes puissent s’évader de ce monde “noir”. Si les médecins sont démunis face aux maladies, c’est parce qu’on contracte de plus en plus de choses que les médecins ne connaissent pas encore. Et à explorer. Je profite des moments où j’ai plus de forme pour continuer à progresser. Ma vision c’est au jour le jour, et progresser pour avoir aucun regret. Et être prêtre mentalement à nouveau pour d’autres cas même à venir. Et garder un programme de santé pour le physique et le mental. Une alimentation pour l’esprit et le corps et la création.

Peux-tu déjà en tirer quelque chose de positif?
oui, tout est possible tant qu’on continue à faire avec le cœur et de nos tripes. Les gens c’est ce qu’ils ressentent chez nous et ils ne sont pas insensibles à cela. Mais il faut leur dire, parler!

Y a-t-il un message que tu voudrais faire passer, quelque chose que tu voudrais partager?
Les personnes en ce temps de crise considèrent l’art comme un luxe et visent leur consommation au papier toilettes et à la nourriture. Cela se ressent, on à l’impression que l’art se meurt du moment où les personnes ne réagissent plus ou ne s’y intéressent plus… Depuis un moment, je considère qu’il est important que les personnes nous écoutent, nous regardent, et regardent qu’un artiste c’est un travailleur aussi et non un simple rêveur. Pour cela il faut garder une communication entre nous. Donner de notre temps en qualité aussi, c’est le plus important pour que l’échange se fasse avec confiance. Oser demander, oser partager, oser parler! Je suis une artiste et une porte-parole sur notre monde et je vends du rêve pour oublier le côté obscur.

Travailles-tu sur une œuvre pour le moment? Peux-tu nous donner un aperçu ou une description?
Je travaille sur mes montages photos et personnages, pour comprendre qui sont ces personnages je revois les classiques, les films etc…

La plupart d’entre nous sont en quête de nouvelles découvertes. Peux-tu conseiller un livre, un film,…?
Ça peut être à l’ infini les références! On peut tirer leçons de tout! Même de nos propres travaux.

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