ALAIN shroeder
Les marche de l'entre-sambre-et-meuse
L'Entre-Sambre-et-Meuse est une région historique située entre la Sambre et la Meuse dans les provinces du Hainaut et de Namur. Séparant l'Allemagne et la France, deux nations jadis farouchement combatives, la région a enduré des passages militaires incessants et souvent dévastateurs pendant des siècles.
Au fil du temps, les habitants de cette région ont pris goût aux somptueux uniformes militaires et les ont inclus dans les processions qui traversent leurs villages et leurs campagnes, transportant les statues et les reliques des saints conservés avec grande dévotion.
En fait, la coutume existait déjà au 13ème siècle. Les premières escortes militaires qui ont participé à des cérémonies publiques, pour rehausser leur splendeur, sont apparues au Moyen Age lorsque des troupes spéciales d'archers et d'arbalétriers, connues sous le nom de «serments», ont été créées. Leur mission était double: d'abord d'ordre militaire pour défendre la ville; deuxièmement, dans un registre plus décoratif, de rendre honneur à toutes les cérémonies, qu'elles soient civiles ou religieuses.
Les processions et marches d'aujourd'hui sont la continuation des pratiques ancestrales. Elles doivent leur popularité durable non seulement à la foi religieuse et à l'imitation historique des costumes de la période de l’empire napoléonien, mais aussi aux magnifiques paysages de cette région isolée où les coutumes et les traditions n'ont pas changé depuis des siècles.
Les Marches de l’Entre-Sambre-et-Meuse sont inscrites sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l'Unesco.
Kushti
Le Kushti est la forme traditionnelle de la lutte indienne et est pratiquée dans un type de gymnase particulier appelé Akhara.
Vêtus seulement d'un pagne bien ajusté, le langot, les lutteurs ou pelwhans s’entraînent dans une fosse remplie de terre; de l’argile souvent mélangée avec du sel, du citron et du ghee (beurre clarifié).
La règle pour gagner est simple. Les deux épaules doivent toucher le sol. Les rituels religieux de préparation sont aussi importants que la lutte elle-même. À l'intérieur et autour de l'arène, la statue du dieu-singe Hanuman est l'objet de litanies et de prières quotidiennes.
Le Kushti c’est aussi et surtout un mode de vie qui perpétue une tradition où chaque combat est une quête spirituelle et qui exige une discipline rigoureuse comme dans tous les arts martiaux. Pendant de longues périodes (entre 6 et 12 mois, parfois plus), les lutteurs en formation se consacrent corps et âme au Kushti dans une existence spartiate.
A la fin d'une séance d'entraînement, les lutteurs se reposent contre les murs de l'arène et couvrent leurs têtes et leurs corps avec de la terre pour absorber toute la transpiration et éviter de prendre froid. Cette cérémonie de relaxation est complétée par des massages pour soulager les muscles fatigués et faire preuve de respect mutuel.
Ces massages, qui nécessitent un contact étroit entre les hommes, créent une atmosphère d'unité sociale tandis que la terre de l'Akhara tonifie l'organisme et empêche les maladies. Vivre ensemble favorise la camaraderie, la solidarité et la fraternité dans cet univers où le temps semble s'être arrêté.
Aujourd'hui, la pratique du Kushti est en déclin en Inde. Les jeunes délaissent les pratiques traditionnelles pour les sports mondialisés comme le football et le cricket. Kolhapur et Varanasi sont les rares villes où ce sport reste populaire et où, durant la saison, des compétitions sont fréquemment organisées.
Le Kushti est également pratiqué en Iran, au Pakistan, en Afghanistan et sous une autre forme en Turquie et en Afrique.

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Interview d'Alain Schroeder, lauréat du prix Féix Schoeller.