GENEVIèVE NICOLAS
Un tableau c’est toujours une bataille, et quelquefois le bonheur d’une conquête.
Un tableau c’est l’attente. Attente d’un signe, accident de la toile par où entrer. Attente d’une logique possible, qu’elle se révèle.
Un tableau, c’est une errance, quête de l’inconnu ou de l’oubli.
Les manifestations du monde laissent en moi de profondes empreintes qui s’accumulent dans l’espace ignoré de ma conscience. Par la peinture, je les laisse ressurgir sous des formes inattendues.
Très tôt, j’ai été marquée par l’éphémère, la précarité des liens, les ruptures soudaines, les croisements de l’existence. Et dans ces expériences quelquefois sombres, toujours en quelque endroit, a surgi la lumière.
Je suis en recherche des mémoires, ce qu’elles recèlent et que j’ignore. L’amoncellement d’héritages, d’expériences oubliées, ou ignorées. 
Par la peinture, peut-être suis-je dans l’espoir qu’elles percent les voiles, se révèlent, me nourrissent, m’informent enfin de ce qui me fait.
La jarre de Pandore en somme.