Gloria Russotto

Dès mon premier jour à l’école primaire mon professeur découvrit en moi un don pour le dessin et le coloriage avec les crayons.
Les années passées dans cette école, il arrivait qu’on me sorte de classe pendant le cours pour peindre sur les murs. Je découvre alors la peinture à l’eau et les pinceaux. L’encouragement des professeurs ne se fait pas attendre.
Autre étape importante : Le passage à l’école secondaire lors de l’adolescence. Inscrite pour la première fois en option Arts Plastiques, les professeurs continuent à m’encourager à explorer ce domaine. Je dessine, aux crayons, des reproductions de dessins en noir et blanc.
Un professeur m’encourage également à faire de la reproduction en couleurs avec des aquarelles. Je découvre l’Histoire de l’Art qui me passionne. Ma technique évolue mais la créativité n’est pas encore là ! Cependant elle ne tardera pas à arriver par un changement majeur : Mon passage dans une école spécialisée, en immersion à plein temps, en art au centre de Liège, l’École Marie-Thérèse. Je découvre d’autres formes d’arts dont la sculpture et ses différentes matières, l’infographie, l’architecture, la photographie et le dessin vivant au chevalet. La reproduction en 3D est difficile mais je m’obstine et avec le temps j’évolue.
L’étape adulte, je m’interroge : « Que faire avec tout ce bagage? »
Je décide de continuer mon apprentissage, en études supérieures, option peinture, à l’Académie Royale des Beaux-arts de la ville de Liège. Les premières années sont les plus difficiles car nous devons exercer et respecter toutes les règles de base…comme la perspective. Suite à un accident à ma principale main , un professeur m’encourage à peindre et dessiner de l’autre main et je me surprend positivement à devenir ambidextre. Après trois ans d’acharnement, un nouveau programme : « La recherche de soi », trouver sa place et sa personnalité artistique dans le milieu. Étape important mais frustrante car on se retrouve seule face à soi avec cette question : « Que vais-je faire avec tout ce que j’ai appris…quel sera le sens de ma démarche artistique dans ma vie en tant qu’artiste » ?

Ma santé se détériore. Beaucoup de douleurs physiques au quotidien. La lutte est difficile! L’esprit en ébullition, je cherche autour de moi ce qui m’est favorable. C’est alors que j’associe ma vie personnelle à mon ouvrage. Je récupère différents matériaux tels des bouchons de liège, du carton de tous genres auprès de ma famille…je commence alors le recyclage tout en me questionnant sur la consommation et la récupération.
À cela se joint un fait important qui va déterminer mes futurs travaux et installations. L’histoire de ma Grand-Mère qui aimait me faire recopier à la main , dans ses nouveaux carnets, les numéros de téléphones de sa famille et de ses amis…le bottin de la ville qui se nomme « Les Pages d’or » toujours présent dans sa maison. Les idées se mettent en place. Je commence à écrire les numéros de téléphones de ce bottin sur des feuilles de papier blanc par ordre alphabétique, de A à Z pendant plus de trois ans!
Comme un sport cela crée en moi de l’adrénaline qui soulage mes maux. Les courbes et les lignes deviennent pour moi des dessins. Une série d’installations arrivent. Recherche d’un équilibre visuelle du vide et du plein. Ce sont des installations « éphémères » ! Ma place se définit rapidement par ce travail numéroté. Les expositions prennent routes et j’arrive au sommet de mes créations : « Mes peintures 3D » dites hors cadres qui sont des sculptures à base de peintures enrobées de numéros tels que la forme des coraux et des nids de fourmis.
Avec la couleur dominante dorée en rappel au bottin d’or et de la dénonciation de la consommation. Je continue à exposer cette forme de travail en différents endroits. Viennent alors en mai 2015 mes premiers contacts discrets avec la Villa Sauvage, lieu d’exposition et de rencontre. J’ai alors 26 ans ! Mon envie de création et de changement continue. À 28 ans, je commence un tout nouveau travail dédié à la couleur. Un défi avec du plexiglas comme support, mélangeant l’acrylique, de la couleur de verre et autres produits qui m’emportent dans des mondes galactique, terrestre et océanique. Des formes organiques s’opèrent.
Alliant progressivement la photographie, avec objectif de capturer des moments d'évolutions de la peinture qui se transformeront et qui ne reviendront pas. Telle une chenille qui se métamorphose en papillon. Fugace, éphémère, une quête d'évolution et d'apprentissage.
-Gloria Russotto. 
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